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01.06.2008

la vie trépidante de l'échalote

 

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Il se passe des trucs on ne s’imagine pas. Faut dire on ne nous dit pas tout, non plus.

 

Sérieux, il y a des questions de principe qu’il ne faut pas négliger.

Figurez vous que jusqu’à il y a peu, les échalotes que vous mangiez étaient des échalotes grises, de la variété Allium Cepa L.var.ascolonicum et surtout, à multiplication végétative. C’est un arrêté du ministre de l’agriculture et de la pêche et du ministre de l’économie, des finances et de l’industrie du 17 mai 1990 qui le dit et qui réserve donc la vente, le transport ou la détention à l’échalote grise.

Mais voilà que De Groot En Slot Allium BV et Bejo Zaden BV, producteurs hollandais, se sont mis à produire des échalotes par semence. Les deux ministres leur ont dit tsss tsss c’est pas légal. Ils ont fait un recours en disant elles sont belles nos échalotes. Mais les ministres, le 26 février 2001, ont maintenu. Non non, la vraie échalote qui mérite ce nom est celle qui, outre sa multiplication végétative, présente de nombreux bourgeons auxiliaires, bulbes inclus, une cicatrice du plateau de la touffe et une asymétrie par rapport à l’axe de la touffe et à la coupe transversale du bulbe. Et pas les hollandaises. Non mais.

 

Les hollandais ne l’ont pas entendu de cette oreille là mais de l’autre.

Ils ont dit oui mais l’article 16 de la directive n°70/458 du Conseil Européen du 29 septembre 1970 relatif à la commercialisation des semences de légumes, il dit que les états membres – et la France est un vache d’état membre depuis le début – n’ont pas le droit de soumettre à restriction de commercialisation les variétés des espèces de légumes inscrites sur le catalogue commun des semences et des plants de légumes publié le catalogue, au journal officiel des communautés. Et que justement, depuis 1998, il y a dans le catalogue commun, les semences des variétés « Matador » et « Ambition », qui ne sont pas grises. Et toc ! Alors hein !

Et en plus, à supposer que ça ne suffise pas comme argument, l’arrêté interministériel restreignant la commercialisation d’innocentes échalotes pas grises est contraire à l’article 28 du traité du Conseil Européen, parce que ça revient à interdire d’importation la pauvre échalote et que c’est une mesure disproportionnée par rapport aux exigences de la protection des consommateurs.

Et les hollandais ont tout rapporté au Conseil d’Etat pour qu’il leur donne raison.

 

Le Conseil d’Etat était bien embêté pour trancher cette question en toute justice et a donc saisi la Cour de Justice Européenne afin « de qualifier les faits, en procédant, le cas échéant, aux investigations contradictoires qu’elle est à même d’ordonner, afin d’apprécier si les variétés Ambition et Matador présentent, par rapport aux échalotes de plant, non pas tant par leur aspects extérieurs, dont il est constant qu’ils sont très proches, mais surtout par leurs propriétés organoleptiques et gustatives, des différences suffisamment réduites pour qu’elles puissent être reconnues comme appartenant à la catégorie des échalotes ».

L’enjeu est d’importance parce qu’il ne faudrait pas que l’on mange des oignons en pensant manger des échalotes, voyez vous.

 

La Cour de Justice Européenne a dit que l’inscription sur le catalogue commun, ce n’est pas normal et c’est contraire au droit communautaire. Ca aurait pu suffire au Conseil d’Etat comme expertise mais la Cour , passionnée par la question, s’est autosaisie pour poursuivre sa réflexion car « l’illégalité de ladite inscription n’autorisait pas un Etat membre à interdire qu’un légume puisse être vendu sur son territoire sous le nom d’espèce échalote, au seul motif qu’il se reproduit par semis et non par plant ; qu’il n’en irait ainsi que si les différences entre ce légume et les échalotes à reproduction végétative étaient à ce point importantes qu’il ne saurait être considéré comme relevant de la même catégorie, susceptible d’être vendu sous la même dénomination avec un étiquetage adéquat ».

 

Le Conseil d’Etat a trouvé qu’il n’était pas hyper avancé par tout ça.

Il a donc procédé à des suppléments d’investigation et cela a conduit les parties à produire des témoignages de chefs cuisiniers et des résultats de tests de dégustation, à l’aveugle ou non, portant sur la comparaison, avant ou après cuisson, soit des variétés Ambition ou Matador par rapport à plusieurs échalotes de plant, soit de l’ensemble des légumes par rapport à des oignons.

Et là, la sentence des goûteurs, aveugles ou pas, a été sans appel. D’abord il y a des différences de propriétés organoleptiques, et en particulier dans la teneur en matière sèche après passage en étuve, mais surtout, c’est au regard des propriétés gustatives que les gourmets distinguent les échalotes de plants. Elles sont en effet, surtout après cuisson, plus parfumées, plus puissantes et corsées, longues en bouche, par rapport aux produits des hollandais, à la saveur moins prononcée et typée, plus neutre et plus fade.

Bon d’accord a dit le Conseil d’Etat, mais tout de même, il résulte du dossier que les deux produits ont en commun des propriétés qui les distinguent des oignons.

Alors si on ne peut pas les appeler échalotes, comme ce ne sont pas des oignons, ça revient à poursuivre l’interdiction de leur importation donc c’est contraire aux règlements européens.

Alors, il n’y a qu’à mettre des étiquettes, genre avec « hollandaises » dessus et puis voilà, le consommateur choisira.

 

Résultat, dans sa séance du 1ier décembre 2006, le Conseil d’Etat a dit, elles ne sont pas bonnes les échalotes hollandaises mais on ne peut pas les appeler des oignons alors les hollandais peuvent les vendre en France mais à condition qu’elles aient une étiquette et qu’est ce que je vais faire pour le repas du réveillon ?

 

 

Ecrit le 8 février 07

Arrêt du Conseil d’Etat : http://www.conseil-etat.fr/ce/jurispd/index_ac_ld0650.sht...

 

30.05.2008

Chroniques d'Europe (12) - Félix, partie seconde

Le petit déjeuner dans la famille de Maria Augusta se composait de café au lait, mais dans celle de Félix, de soupe. Comme il s’était étonné, Maria Augusta a fait de la soupe, elle voulait tout faire bien. Mais Félix a dit, non, finalement, c’est bien le café au lait, c’est juste qu’il avait peur pour la dépense.

Félix est resté toute sa vie amoureux de Maria Augusta, éprouvant pour elle une admiration et une estime sans borne.

Les rôles étaient clairs : Félix travaillait et travaillait énormément, il donnait toute sa paye à Maria Augusta qui lui donnait un peu pour payer les transports et au cas où, mais jamais il n’allait au café. Jamais il n’y a eut dépense inutile. Jamais.

En 1928, est née une première fille, Alzira.

Félix est parti en France, et il a fait venir Maria Augusta et Alzira, quelques mois plus tard, une fois trouvés un logement et un travail, son père et son frère Virgil étant déjà sur place.

Le logement se situait dans la zone du 18e arrondissement, entre les portes de Saint Ouen et de Clignancourt.

La zone, c’était des terrains dédiés aux communautés gitanes et d’immigrés. Les gitans vivaient dans des roulottes et installaient leurs chevaux à coté.

La communauté portugaise avait édifié des baraques en bois, les allées étaient propres et fleuries, le puit était au bout de l’impasse.

Palmyre, une sœur de Félix, vivait également là.

Maria Augusta est donc arrivée, ne parlant pas un mot de français, Alzira sous le bras, et ne sachant pas lire.

Régulièrement, de l’argent durement gagné était envoyé au Portugal, aux deux familles.

Fin janvier 1931, un fils est né, André, puis, très peu de temps après, en 1932, Emilienne est arrivée.

Maria Augusta a sombré dans une profonde dépression, faisant très peur à Félix, qui a même envisagé de revenir au Portugal. Mais impossible de revenir en pauvres.

Elle était déçue de la France , où elle espérait un meilleur niveau de vie, car comme à Santo Tirso, il n’y avait ni eau ni électricité dans la zone. Et puis, la coupure avec sa famille fut très dure. Car ce n’est qu’en 1936 qu’elle les reverra.

Finalement une fois qu’elle fut remise, Félix et Maria Augusta se font naturaliser français le 19 octobre 1933.

Puis en juillet 1936 naît Solange.

Félix travaille chez un patron menuisier, Soares, ils ont toutes les menuiseries du Printemps, boulevard Haussmann à créer et entretenir. Il part tous les matins avec une gamelle préparée par Maria Augusta.

 En France, pays merveilleux, c’est le Front Populaire. Néanmoins, la politique est taboue, la PIDE rôde, les murs ont des oreilles et puis, surtout, surtout, pouvoir revenir au Portugal lorsqu’on veut, franchir les frontières fermées, obtenir un visa.

Maria Augusta apprend peu à peu le français, se faisant reprendre par ses enfants scolarisés sur le genre des articles. Pour chaque course, elle fait plusieurs magasins afin de comparer les prix, calcule, calcule, organise, nourrit. Félix travaille tant et plus. Il démissionne ou est licencié régulièrement par Soares, mais c’est manière. Un genre de rapport obligé.

C’est donc « en riche » qu’ils retournent pour la première fois depuis 1928 au Portugal, où Félix, proche de son frère Narcisse, peut parler politique seul à seul avec lui, entre deux séjours en prison.

Ils ne pourront revoir Santo Tirso et le Douro qu’en 1948.

 

Il y eut les bombes sur Paris et l’exode, en compagnie de la famille de Palmyre, avec ses deux filles, Alice et Clémentine.

La queue interminable et les tickets de restaurant.

Les trois filles De Sousa Gomes dormaient dans le même lit.

Les filles devaient cirer les chaussures du frère, jusqu’à ce que Solange refuse.

Impossible de savoir si qui partait le matin serait vivant le soir.

Maria Augusta alimente la famille dans une angoisse terrible. Elle stocke du lard dans une boite remplie de gros sel et lorsqu’un jour des asticots s’y mettent, c’est le désespoir.

C’est en 1943 que les bonnes sœurs, très engagées dans les œuvres sociales, trouvent un logement à la famille De Sousa Gomes, dans les HLM en briques rouges des portes de Paris, Porte de Clignancourt.

Quatrième étage sans ascenseur, bien sur. Trois petites pièces et une cuisine. Pas de salle de bain bien sur. Mais une décence.

 

Je me souviens bien, ces couloirs sombres, ces escaliers interminables.

L’entrée avec une glace, la cuisine à droite avec une fenêtre étroite sur laquelle était posée des géraniums. Des WC à coté. Un petit salon toujours extrêmement rangé, fait pour les visiteurs, un âne en tissu, l’âne Francis. Le saucisson portugais, les boulettes de morue, le riz à la tomate, la marmelade de coin, une boite en fer, un tabouret en bois que l’on pouvait ouvrir. Le square en bas où traînaient des Gavroche qui faisaient un peu peur. Les Puces de Saint Ouen pas loin. Une table en formica bleue, et les tabourets assortis de couleurs vives.

 

Alzira est partie la première, enceinte tout de suite, mal logée, très mal. L’eau sur le palier. Mariée à Antoine, ils sont restés près de Saint Ouen. Elle travaillait comme couturière, fréquentant beaucoup les autres ouvrières et ses cousines, Alice et Clémentine.

Alice s’est mariée à un garagiste et a eu un fils, Gilbert, qui est devenu preneur de sons.

Clémentine s’est marié à Pierre, un homme blessé par la guerre et buveur. Ils ont eu deux fils, Jean-Pierre, déchaîné et d’extrême droite, et Jackie, homosexuel qui sur le tard, s’est suicidé.

Alzira est ensuite partie vers la banlieue, à Chaville, banlieue sud ouest boisée, où elle a eu 2 autres enfants et a gardé ceux des autres.

 

André est devenu ingénieur, s’est marié et a eu deux filles, et est parti vivre à Bièvre, banlieue bucolique du sud de Paris.

 

Emilienne est restée assez longtemps avec ses parents, jusqu’aux environs de 30 ans, profitant du statut d’enfant devenue unique. Petit canard môche et se croyant bête, alors qu’elle a un sens pratique très développé, elle est devenue une jeune femme magnifique, grande aux yeux verts, douce.

Elle a épousé un homme que sa famille réprouvait un peu, qui avait de l’argent mais le dépensait plus vite qu’il ne le voyait. Il était déjà marié mais si elle le savait, elle l’avait caché à ses parents. Ils ont eu deux filles, mais lui l’a laissée veuve très tôt, l’aînée n’ayant que 14 ans.

 

Félix et Maria Augusta sont restés dans l’appartement de la porte de Clignancourt jusqu’à la mort de Maria Augusta, chez elle, par usure de la vie, à 80 ans passés.

Félix est alors allé dans une maison de retraite tenue par des bonnes sœurs, près d’un parc où il pouvait se balader, ce qu’il adorait.

A plus de 90 ans, il ne voulait pas trop participer aux activités de la maison de retraite, parce qu’il ne voulait pas être avec les vieux.

Il est mort à 94 ans. Comme quoi, sa mère a bien fait de faire un pèlerinage.

 

28.05.2008

Chroniques d'Europe (11) - Félix, partie première

 

Comme ils étaient nés en octobre 1902, à 20 jours d’écart, les mères de Félix et Maria Augusta avaient dit en riant qu’elles les marieraient.

Félix était tellement chétif, que sa mère, Stabat Mater Dolorosa, est partie du village de Santo Tirso, faire un pèlerinage.

L’histoire ne dit pas où.

Certes pas à Fatima, d’abord loin du nord de Porto, ensuite pas encore connu, les trois petits bergers analphabètes et voyants, Jacinta, Francisco et Lucia, n’étant pas nés et n’ayant rien à révéler des secrets avant 1917.

Le Portugal du début du siècle, c’était le Moyen Age. Ni plus, ni moins.

Resté longtemps pays sous développé, ça n’est qu’après 1948 par exemple, qu’un décret imposa le port des chaussures en ville, les portugais n’en portant qu’une pour ne pas désobéir tout en économisant.

Les progressistes et les conservateurs jouent à cache cache avec le pouvoir, alternant les prises de pouvoir sur fond d’intérêts coloniaux importants, de la question du monopole du tabac et de la réforme de la comptabilité publique. Puis, un roi de 16 ans, Manuel II, a eu le pouvoir 2 ans avant d’être contraint de s’exiler, en 1910, en Grande Bretagne, pour laisser la place à la République. Une constitution voit le jour en 1911 et oblige même à la séparation de l’église et de l’Etat. Mais à partir de 1915, des coups d’Etat font alterner dictatures et démocratie, avec même un rétablissement de la monarchie dans une partie du pays, pendant qu’à partir de 1916, le Portugal d’abord neutre, s’engage dans la Grande Guerre aux cotés de ses anciens protecteurs anglais.

A partir de 1926, un universitaire, Antonio Oliveira de Salazar, arrive en scène, puis après avoir été aux finances, prend le pouvoir en 32 pour 40 ans. Fondateur de l’Estado Novo, dictature impitoyable, le fasciste Salazar soutient Franco, puis s’engage mollement, en voyant venir la défaite de l’Axe, au coté des alliés. La religion d’Etat est rétablie, les partis, sauf le salazariste, sont interdits, et est créée la PIDE , police internationale de défense de l’Etat, dont les émissaires sont envoyés dans les pays étrangers pour tuer les portugais critiquant le régime du dictateur. Si Salazar est mis hors circuit à partir de 68 pour mourir en 70,  Marcelo Caetano prendra la suite jusqu’à la Révolution des Œillets, menée avec 5 morts en tout et pour tout, tous membres de la PIDE , et faite par des militaires exaspérés et écoeurés par le pouvoir et la déliquescence de l’empire colonial.

 

Il faut donc imaginer ces hameaux moyenâgeux, dispersés dans les montagnes du Douro, au nord du Portugal, les femmes en noir, les paniers sur la tête, pieds nus, porter l’eau, porter le linge, les hommes à la fabrique, dès l’âge de l’enfance.

Félix, dont la famille était partie dans un autre hameau, travaille à la filature à 11 ans, le pèlerinage ayant marché, finalement, il est assez solide, bien que petit et pas très beau.

Son frère Virgil lui est un beau garçon, et va devenir bel homme. Il partira en France avec le père, pour faire homme toutes mains sur les chantiers. C’est un baratineur, coureur de jupons. Il errera aussi au Mozambique et en Angola.

Son frère Gaspard est un commerçant dans l’âme. Il tiendra une boutique de tout et de rien, sera marié à une femme très pieuse, et gardera le bonheur de vivre en lui. Une de ses filles sera quasi bonne sœur.

Son frère Narcisse, vivra toute sa vie avec la mère, et fera deux fois de la prison pour syndicalisme – même s’il s’entendait bien avec son patron.

La sœur Mathilde, peu sympathique et intéressée, vivra dans une maison proche de celle de la mère.

Les deux autres sœurs, Amélie et Palmyre, ont exactement la même voix. Palmyre, mariée, émigrera en France.

 

La famille de Maria Augusta est un peu plus raffinée que celle de Félix.

Tout d’abord, la mère de Maria Augusta a toujours été chaussée, ça prouve.

Mais surtout, le père, destiné à une carrière religieuse – être religieux ou militaire étaient les deux seuls moyens de se cultiver – avait étudié au séminaire, pour finalement devenir menuisier, mais menuisier d’art. Ainsi, il est l’auteur de deux cadres de tableaux, commandés pour la principale église de Santo Tirso, et qu’il a mis des années à travailler. De façon bénévole, il était projectionniste au village, et c’est ainsi que Maria Augusta a pu voir des films, certes américains sous titrés portugais et qu’elle, analphabète toute sa vie, ne pouvait totalement comprendre, mais quand même.

Maria Augusta était jolie comme un cœur, gaie, fraîche, elle chantait et dansait en étendant le linge.

Sa sœur Olinde s’est mariée à un tailleur à domicile et a eu deux filles et un garçon : une surnommée Letigne était vif comme une sardine échappant au pêcheur, drôle et bavarde, l’autre, Adèle, limitée et lente. Le garçon, lui, a fait le séminaire pour devenir avocat.

Son autre sœur, Armelle, était marié à un homme qui après un accident du travail, était en fauteuil roulant et fabriquait des plateaux décoratifs.

Elle avait aussi deux frères, Antoine le Vieux et Antoine le Jeune, ce dernier étant chauffeur de taxi.

 

Maria Augusta, qui avait beaucoup de prétendants, avait aussi la tête sur les épaules.

Un tailleur de pierre qui avait un don artistique lui faisait la cour, et elle sortait avec lui. C’était un copain de Félix, qui l’estimait bien et admirait ses capacités professionnelles. Félix, après la fabrique, était devenu menuisier, comme son père.

Mais le tailleur de pierre buvait. Après des rendez-vous loupés, Maria Augusta rompit avec lui.

Ce fut Félix, muni d’une bague faisant office de repentance, qui fut chargé de jouer les intermédiaires en vue d’une réconciliation.

Maria Augusta ne céda pas et décida d’épouser Félix, persuadée que bien que petit et moche, il ferait un excellent mari et un très bon père.

D’ailleurs Félix qui avait peur qu’elle soit déçue, mais était amoureux de cette jeune femme qu’il avait moult fois entendue chanter, lui avait timidement suggéré qu’il n’avait peut être pas très bon caractère. Ce à quoi Maria Augusta lui avait répondu que pour faire de la bonne farine, il fallait une meule dure et une meule tendre.

 

 

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